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COVID-19, une «  menace existentielle » pour la liberté de la presse ?

2 mai 2020

COVID-19, une «  menace existentielle » pour la liberté de la presse ?

L’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) vient d’établir l’incontournable classement mondial de la liberté de la presse. Le rapport publié, mardi 21 avril, est loin d’être optimiste.

 

Chaque année, depuis 2002, l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) publie un rapport qui évalue la situation du journalisme dans 180 pays et régions dans le monde.

 

Une nouvelle menace, le coronavirus

« Nous entrons dans une décennie décisive pour le journalisme » alerte Reporters sans frontières dans l’édition 2020 de son rapport. La liberté de presse se voit confrontée à des défis colossaux d’ordre géopolitique, technologique, démocratique, de confiance et économique, comme en témoigne l’ONG dans son rapport annuel.

A ce tableau déjà peu reluisant, s’ajoute la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus qui frappe le monde entier. « Une corrélation évidente entre la répression de la liberté de la presse à l’occasion de l’épidémie de coronavirus et la place des pays au Classement mondial », observe Reporters sans frontières estimant également que la crise sanitaire a amplifié les difficultés menaçant ainsi l’avenir du secteur.

Le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, explique que cette crise sanitaire est l’occasion pour les régimes autoritaires d’appliquer la stratégie du choc (shock doctrine) qui consiste à profiter des moments de sidération et de la perte de repères pour renforcer le pouvoir et « imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal ».

L’ONG s’indigne aussi de voir que des dispositifs massifs de censure sont mobilisés pour entraver la liberté d’expression. C’est le cas en Chine (177e), reconnue comme « la plus grande prison du monde pour les journalistes », ou encore en Iran (173e), constate RSF. En Hongrie (89e), où « un tournant autoritaire se confirme », une « loi coronavirus » a été votée. Le texte prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour publication de fausses informations, un pas supplémentaire vers une répression de la liberté de presse.

Par ailleurs, au Brésil (107e) comme aux Etats-Unis (45e) l’hostilité voire « la haine » à l’encontre des médias ainsi que les menaces limitant les droits des journalistes continuent de se multiplier en pleine pandémie de coronavirus, alarme l’ONG.

 

La Tunisie, 72e du classement 

D’après la carte dressée par RSF, dans seulement 7,79% des 180 pays et territoires étudiés la situation de la liberté de la presse est « bonne » (zone blanche) alors que le pourcentage des pays en « situation critique » (zone noire) a augmenté à 13% contre 11% l’année dernière.

 

Répartition de la situation mondiale de la liberté de la presse dans le monde ©RSF

 

A ce classement annuel de la liberté de la presse, les pays nordiques continuent à occuper les premières places du Classement. Pour la quatrième année consécutive, la Norvège trône à leur tête devançant la Finlande (2e) et le Danemark (3e).

En queue du classement, la Corée du Nord (180e) et le Turkménistan (179e) ferment la marche.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la situation de la liberté de la presse reste fragile. Globalement, cette zone demeure l’une des plus difficiles et dangereuses pour les journalistes, déplore RSF en soulignant que les médias de la région sont constamment mis sous pression et étouffés par les autorités de certains pays.

Dans ce paysage assez sombre, la Tunisie, qui conserve sa 72e position, se situe en tête du classement régional (contre 97 en 2018). Elle devance ainsi ses voisins maghrébins : le Maroc (133e), l’Algérie (146e) et la Libye (164e). « Poursuivant sa transition démocratique, ce pays a posé les fondements d’un secteur médiatique libre, indépendant et pluraliste », lit-on dans le rapport de l’organisation. Cependant, des inquiétudes persistent, rappelle de nouveau RSF.

 

 

Classement de la Tunisie depuis 2013 ©RSF

 

Pour sa part, Deloire déclare que « pour que cette décennie décisive ne soit pas une décennie funeste, les humains de bonne volonté, quels qu’ils soient, doivent se mobiliser pour que les journalistes puissent exercer cette fonction essentielle d’être les tiers de confiance des sociétés ».

 

Le classement de RSF est à retrouver ici.


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