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La petite histoire de la Chéchia

17 août 2015

La petite histoire de la Chéchia

Dans le cadre du projet MEDNETA qui oeuvre, entre autre, pour le développement socio-économique des régions du bassin méditerranéen; l’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis a concocté une série de vidéos pour promouvoir les métiers traditionnels de la médina. Une opportunité pour redécouvrir l’un des métiers les plus emblématiques de Tunis; Le métier de la chechia.

Importé d’Espagne par les arabes andalous,  le petit bonnet rouge en laine ‘’ Chéchia ‘’ est devenu au fil du temps un signe distinctif de l’identité nationale des populations berbères et orientales mais c’est à Tunis , à souk Chaouachine, que la chéchia est devenue une véritable industrie.

La confection traditionnelle de la chéchia passe par six étapes :

  • Le tricotage qui permet d’obtenir le kabous : sorte de grand bonnet de laine naturelle.
  • Le foulage destiné au durcissement du Kabous, autrefois au pied.
  • Le cardage au moyen du chardon initialement (grâce à une brosse métallique aujourd’hui).
  • La teinture rouge vermillon à base de cochenille.
  • Le moulage.
  • La finition.

A la fin du XVIIIème siècle, la chéchia connaît un essor sans précédent et sa notoriété dépasse nos frontières pour atteindre l’Algérie, la Libye où elle est de couleur noire, le Cameroun, le Nigeria, l’Egypte, le Soudan et jusque la Turquie et la Grèce.
Unique fournisseur dans le monde, la Tunisie exportait dans un nombre de pays africains et européens, le souk des Chéchias (le marché des bonnets en laine), qui date de la dynastie hafside, constitue, avec le souk Parfumeurs (al-Attarine), l’un des souks nobles de la médina de Tunis à proximité de la vénérable mosquée de la Zitouna.


Gallerie

 

Petite anecdote: 
Assommés par le bruit du foulage de la chechia (une opération très bruyante et généralement exécutée la nuit),  les habitants de Tunis portent plainte auprès du Bey qui convoque dans sa cour l’un des « chaouachis » pour cause de tapage nocturne.  En guise d’excuse, le chaouachi confectionne alors une chéchia pour le Bey, sur laquelle il fixe la couronne du Maître. Ce dernier et ses ministres en furent éblouis. Désormais, ministres, dignitaires et hauts responsables du pays portent une chéchia. Une mode est crée! Tous les Tunisiens de l’époque se mettent à la porter . La chéchia est alors vue comme un signe de prestige. Elle sera particulièrement appréciée car elle protège contre le froid (grâce à sa laine) et le tonnerre  (grâce, disait-on, à la Qobbyâ en soie).

 

 

Apres avoir été quelques peu oubliée près de 60 ans, la Chechia connait un nouvel essor suite à la révolution de 2011, où elle revêt un symbole de liberté et d’identité nationale.


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