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De la parole aux actes pour lutter contre la violence envers les femmes

22 mars 2019

De la parole aux actes pour lutter contre la violence envers les femmes

Une coalition réunissant plus de 60 associations locales, nationales et internationales s’est formée, en 2015, pour revendiquer leur part de changement en défendant une loi contre la violence faite aux femmes. Le même réseau dénonce, un an après l’adoption de cette loi, le manque de volonté politique et de moyens concrets pour éradiquer ce fléau.

 

Mercredi 26 juillet 2017, la Tunisie a tourné une nouvelle page de son histoire. Longtemps réclamé et défendu par les militants et les organisations de la société civile, un texte « historique » garant des droits des femmes a été adopté par le Parlement tunisien. Concrètement, la loi votée met en place des mécanismes permettant de protéger les femmes et filles contre toutes les formes de discrimination et de violence, notamment à travers des mesures incluant prévention, protection et prise en charge des victimes. Néanmoins, et malgré les avancées significatives enregistrées, plusieurs défis demeurent reliés à l’application de cette loi sur le plan pratique.

Dans ce contexte, et pour pallier aux lacunes en matière de lutte contre le phénomène de violence fondée sur le genre, d’importants efforts ont été déployés par les acteurs de la société civile. En vue de conduire un plaidoyer pour le changement, des réseaux associatifs se sont formés et se sont mobilisés sous différentes formes. Dans la même optique, une soixantaine d’associations locales, nationales et internationales se sont réunies au sein de « la Coalition Nationale Associative contre les Violences » (CNAV) pour s’attaquer aux violences faites aux femmes. La CNAV vient en réponse au constat partagé, dressé par les partenaires la composant, des insuffisances que révèle cette loi.

Les activistes et organisations de la CNAV, militant depuis 2015 pour l’adoption de la loi, ont pu se positionner comme force de proposition. Ce réseau se dote d’un comité de pilotage constitué de l’ATFD, la LTDH, l’AFTURD, Beity, la LET, WAAI, La FIDH, Euromed Droits, et est coordonné par Oxfam. Riche des organisations impliquées qui la composent, la Coalition a entamé un travail de réflexion pour développer une stratégie concertée permettant de suivre la mise en œuvre effective de la législation à l’échelle nationale comme à l’échelle locale. Dans la poursuite de cet objectif, la CNAV a lancé un projet intitulé « Une loi qui nous protège réellement contre les violences » appuyé par la Coopération Espagnole pour le Développement (AECID).

En marge des manifestations marquant la célébration de la journée mondiale des droits de la femme, la CNAV a tenu, le 05 mars 2019 à Tunis, la conférence de clôture du projet « Une loi qui nous protège réellement contre les violences ». Ce dernier vise à promouvoir la mise en œuvre et le respect de la loi organique n°2017-58 sur l’élimination de la violence faite aux femmes aussi bien au niveau national, que régional et local. Lors de la conférence de presse, une présentation du bilan du projet a été réalisée. Devant les participants, la CNAV a dressé un bilan inquiétant de la mise en application et le système de suivi de cette loi, un an après sa publication. Les conférenciers dénoncent, à cet égard, le manque de volonté politique de la part de l’Etat pour rendre effective la mise en application de la loi n°2017-58. Dans la partie qui suit, la Coalition a présenté un rapport indiquant les résultats des activités menées dans le cadre de ce projet, notamment dans les régions. Le rapport exposé a relevé le besoin d’améliorer la coordination entre la société civile et les acteurs institutionnels concernés par la loi. Une interrogation a également été portée sur l’absence d’un budget alloué à l’application de la loi 58.

Notons que l’adoption de la loi organique n°58-2017 n’est qu’une étape d’un long parcours. Malgré les avancées accomplies en termes de lutte contre les discriminations basées sur le genre, la question de l’égalité demeure un chantier entamé mais encore largement inachevé en Tunisie.


Organismes concernés





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