29 ماي 2026 Dans 3 semaines
Département Géographique – GEO > DP – Tunisie/Lybie
Mis en ligne le : 04/05/2026
AFRIQUE DU NORD/MOYEN-ORIENT TUNISIE
| Intitulé de la mission | Evaluation finale et capitalisation d’un projet d’appui à l’internationalisation des startups et PME tunisiennes à l’échelle du continent africain |
| Bénéficiaire(s) | AFD, Ministère de l’Economie et de la Planification de la Tunisie, les structures d’accompagnement et les entreprises, et les partenaires institutionnels. |
| Pays | Tunisie |
| Budget maximum | 35 000€ HT |
| Nombre de jours indicatif | 74 jours |
| Date limite de candidature | Vendredi 29 mai 2026 – 23h59 |
Compte tenu du caractère pilote du projet, l’évaluation et la capitalisation finales visent à tirer des enseignements structurants de sa mise en œuvre afin d’alimenter la conception et le déploiement de futurs programmes d’appui à l’internationalisation des entreprises. Les enseignements issus de Qawafel permettront ainsi de consolider des approches et des dispositifs testés dans le cadre du projet, et de contribuer à l’amélioration des interventions futures dans ce domaine.
Cette évaluation constitue également un jalon essentiel pour assurer la redevabilité du projet vis-à-vis de ses principales parties prenantes : le bailleur de fonds, l’Agence française de développement (AFD), l’agence de mise en œuvre, Expertise France, ainsi que les bénéficiaires du projet. Ces derniers comprennent notamment des startups et PME accompagnées dans leurs démarches d’internationalisation, que ce soit pour structurer leur stratégie d’accès aux marchés (stratégies d’internationalisation, études de marché, learning expeditions, etc.) ou pour renforcer et développer leurs activités à l’international (investissements, implantation commerciale et/ou de production).
Par ailleurs, dans un contexte où l’écosystème tunisien d’appui à l’internationalisation vers les marchés africains demeure encore émergent, une démarche de capitalisation sera menée sur trois activités clés du projet. Celle-ci visera à documenter les pratiques mises en œuvre, à analyser leurs résultats et à identifier les facteurs de succès et les points d’amélioration, afin de nourrir les réflexions des acteurs impliqués dans le développement de cet écosystème.
Cette mission d’évaluation et de capitalisation a pour objectif principal de fournir au Ministère de l’Économie et de la Planification, au CEPEX, aux structures publiques et privées d’accompagnement, à l’agence Expertise France (équipes terrain et siège), ainsi qu’à l’Agence française de développement (AFD), une analyse indépendante et documentée de la mise en œuvre du projet Qawafel.
Plus spécifiquement, la mission devra permettre de :
La mission devra notamment permettre d’identifier les activités ayant produit les résultats attendus, ainsi que celles ayant rencontré des difficultés ou des retards dans leur mise en œuvre. Elle visera également à analyser les facteurs explicatifs de ces résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs, afin de dégager des enseignements utiles pour les interventions futures.
Dans ce cadre, le prestataire devra étayer ses analyses par des éléments probants, en mettant en évidence les relations de cause à effet et en identifiant les facteurs ayant favorisé ou, au contraire, freiné la progression du projet. Les travaux menés devront contribuer à renforcer la redevabilité, éclairer la prise de décision et favoriser l’apprentissage institutionnel.
L’évaluation portera sur les éléments suivants :
L’évaluation s’appuiera sur les critères définis par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en particulier les critères d’efficacité, de pérennité et d’impact.
Les questions d’évaluation présentées ci-après ont été élaborées de manière participative au sein de l’équipe projet. Elles feront l’objet d’une revue par le prestataire lors de la phase de démarrage de la mission, afin d’en proposer une version consolidée dans le rapport de démarrage, qui sera soumis à la validation du comité de pilotage.
| Critères d’évaluation | Questions évaluatives |
| Pertinence | 1) Dans quelle mesure la combinaison des instruments du projet (appui au secteur privé via les structures d’accompagnement, valorisation du savoir-faire tunisien à l’international, assistance technique aux institutions publiques, etc) a-t-elle permis de répondre de manière complémentaire aux besoins d’internationalisation des entreprises bénéficiaires ?
a) Dans quelle mesure le pilotage du projet a-t-il pu articuler les interventions avec le cadre opérationnel ? |
| Efficacité | 2) Dans quelle mesure les dispositifs mis en place et les méthodes mobilisées dans un contexte de mise en concurrence de structures d’accompagnement proposant des offres similaires ont-ils influencé l’efficacité globale du dispositif ?
3) Dans quelle mesure les modalités de gouvernance (membres du COPIL), de coordination (partenariat avec le MEP et le CEPEX) et d’animation (les moments de décision : COPIL, réunions bilatérales) du projet ont-elles permis une implication effective des partenaires, et quels leviers auraient permis de renforcer leur mobilisation ? a) Coordination institutionnelle : Dans quelle mesure la coordination avec le MEP et le CEPEX a-t-elle contribué à l’atteinte des résultats ? b) Animation opérationnelle : quels obstacles (participation, clarté des mandats, articulation COPIL/COTECH, capacité décisionnelle, temporalité) ont pu limiter la portée des COTECH ? Dans quelle mesure leur fonctionnement a-t-il influencé la réactivité et la fluidité d’exécution du projet ? 4) Dans quelle mesure les 3 résultats attendus du projet ont été atteints et quelle a été la contribution du projet ? a) Quels ont été les facteurs (internes aux acteurs, externes à EF) qui ont favorisé l’atteinte de ces résultats ? |
| Pérennité | 5) Dans quelle mesure les structures bénéficiaires disposent-elles aujourd’hui des ressources, capacités organisationnelles et modèles économiques nécessaires pour maintenir ou développer leurs actions d’internationalisation sans appui externe ?
a) Quelles méthodes du projet et facteurs ont favorisé l’appropriation des outils et pratiques par les acteurs ? 6) Dans quelle mesure les initiatives visant à créer des synergies et à favoriser la coopération entre les structures d’accompagnement soutenues ont-elles contribué à la pérennisation de leurs actions au-delà du projet Qawafel ? (Qawafel Gathering, ateliers d’échanges d’expérience) 7) Dans quelle mesure les structures d’accompagnement ont-elles bénéficié d’un appui suffisant pour pérenniser leurs activités et leur offre de services après la fin du projet Qawafel, tout en conservant leur compétitivité et leur originalité par rapport aux autres structures ? |
| Impact | 8) Quels modèles d’accompagnement soutenus par le projet Qawafel ont généré les changements les plus significatifs pour les entreprises bénéficiaires, notamment en matière de développement de capacités à l’international et de concrétisation d’opportunités commerciales ?
a) Quels changements observables dans les pratiques, les compétences ou l’offre de services des structures d’accompagnement ? b) Quels facteurs explicatifs et quels effets différenciés peuvent être observés selon les types de structures (publiques / privées), la taille des entreprises, et les secteurs du projet ? 9) Dans quelle mesure le projet Qawafel a-t-il contribué à des évolutions durables de la structuration durable de l’écosystème tunisien de l’internationalisation, tant au niveau des acteurs, publics et privés, que des pratiques et des dynamiques de coopération ? a) Quelle a été la contribution des contenus pédagogiques et des actions de plaidoyer du projet Qawafel aux changements observés dans les pratiques, les discours et les dynamiques des acteurs ciblés ? b) Dans quelle mesure les temps forts de plaidoyer et de rassemblement (Qawafel Gathering et autres événements) ont-ils permis de créer ou de renforcer des synergies durables entre les structures d’accompagnement ? c) Dans quelle mesure les activités de promotion du savoir-faire tunisien ont-elles contribué à l’émergence d’une dynamique nationale et régionale en faveur de l’internationalisation vers le continent africain, notamment dans les zones d’intervention du projet ? 10) Quels effets inattendus, positifs ou négatifs, le projet a-t-il générés sur les entreprises, les structures d’accompagnement et l’écosystème ? 11) Dans quelle mesure le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) du projet Qawafel a-t-il été compris, approprié et mis en œuvre par les structures d’accompagnement et les entreprises bénéficiaires, et quels leviers auraient permis d’en renforcer l’appropriation ? a) Le PGES a-t-il été intégré comme une exigence administrative ou comme un levier d’amélioration des pratiques ? |
Le prestataire devra impérativement fournir des éléments à chacune des questions d’évaluation soulevées par l’examen des critères. Dans le cadre de cette analyse, le prestataire s’assurera que les informations objectives collectées pour chacun des critères d’évaluation permettent de recouvrer l’ensemble des étapes marquantes du cycle du projet.
Les sujets transversaux de l’environnement et des questions sociales seront traitées par l’expert ayant élaboré le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) du projet. Le prestataire mobilisé pour la mission faisant l’objet de ces TdRs devra s’entretenir avec l’expert du PGES, qui aura mené une évaluation finale approfondie du PGES, pour intégrer ces éléments dans l’évaluation finale globale.
Un questionnement de capitalisation a déjà été initié sur le projet, avec des thématiques déjà traitées en interne. Ces documents feront partie des documents fournis après la réunion de cadrage. Les thématiques déjà traitées sont les suivantes :
En plus de ces thématiques, il sera demandé au prestataire d’élaborer une fiche sur chacune des trois thématiques suivantes. Cette liste pourra être complétée par toute autre thématique que le prestataire jugera pertinente.
| Thématique de capitalisation | Question structurante |
| L’approche partenariale publique pour la pérennité des actions du projet | Comment et dans quelles conditions les partenariats avec les acteurs publics ont-ils soutenu l’ancrage institutionnel et la pérennité des actions du projet ? |
| Le modèle systémique du projet Qawafel | Comment l’articulation des trois composantes du projet Qawafel a-t-elle contribué à une approche systémique et cohérente de l’intervention ? |
| Les activités de plaidoyer : policy briefs et jeudi de l’Afrique | Comment les initiatives de plaidoyer (table ronde autour des policy briefs et Jeudi de l’Afrique) ont-elles été incorporées dans les activités du projet de manière pertinente et complémentaire aux activités planifiées ? |
Au cours de cette phase préparatoire, le prestataire devra :
Livrable 1 : Note de cadrage
À partir de ce travail méthodologique, le prestataire proposera, au démarrage de la mission, un document synthétique de cadrage de l’évaluation (maximum 15 pages) comprenant :
Cette note de cadrage fera l’objet d’échanges entre le prestataire et le comité de pilotage. Ces échanges permettront de discuter la structuration de la démarche d’évaluation et de capitalisation et d’en vérifier la faisabilité. Cette phase préparatoire constitue une étape déterminante de la mission, puisqu’elle permettra de valider la méthodologie proposée par le prestataire.
Au cours de cette phase, le prestataire organisera des échanges avec les membres du comité de pilotage, les responsables des trois composantes du projet, le point focal au Ministère de l’Économie et de la Planification (MEP), ainsi que la ou le chargé(e) de projet au sein de l’AFD. D’autres rencontres pourront être organisées à l’initiative du prestataire.
La chargée de suivi-évaluation, redevabilité et apprentissage (SERA) du projet Qawafel, qui sera le point focal du/de la consultant(e), mettra à disposition du prestataire une boîte à outils regroupant les principaux documents de référence du projet (offre technique, rapport de démarrage, etc.).
Une phase de collecte de données primaires est prévue entre les mois d’août et septembre. Celle-ci se déroulera en Tunisie, principalement à Tunis, ainsi que dans les gouvernorats concernés par les activités du projet.
La collecte de données combinera des méthodes qualitatives et quantitatives, parmi lesquelles :
Livrable 2 : Un rapport intermédiaire (première version du rapport)
À l’issue de la phase de collecte, le prestataire produira une première version du rapport présentant les principaux éléments issus des différents outils de collecte mobilisés. Ce document pourra prendre la forme d’un support synthétique (par exemple un diaporama), présenté lors d’une réunion de restitution à chaud des résultats préliminaires, en présence de l’équipe du projet et les membres du COPIL de l’évaluation.
Ce livrable aura pour objectif de :
Cette réunion permettra notamment :
Phase de co-construction des recommandations et de bonnes pratiques
Afin de garantir la pertinence et l’opérationnalité des recommandations, le prestataire devra associer le comité de pilotage au processus d’élaboration de celles-ci. A cette fin, un atelier de co-construction des recommandations sera organisé au cours de la semaine du 16 novembre à partir des résultats préliminaires produits par le prestataire et de l’analyse des données collectées.
Livrable 3 : Un rapport final provisoire
À l’issue des analyses complémentaires et du processus de contrôle qualité, le prestataire produira un rapport final provisoire accompagné d’un support de présentation au format PowerPoint.
Ce rapport servira de support à une réunion entre l’équipe d’évaluation, Expertise France, l’AFD et le MEP. Cette réunion permettra notamment :
Livrable 4 : Rapport final définitif et synthèse
Le prestataire produira un rapport final définitif intégrant les observations d’Expertise France, de l’AFD et du MEP, ainsi que les recommandations validées.
Une réunion finale réunissant le chef de projet, la chargée SERA du projet Qawafel et le prestataire permettra de valider officiellement la version définitive du rapport d’évaluation et de capitalisation.
Si certaines observations formulées expriment des divergences d’appréciation non partagées par le prestataire, celles-ci pourront être annexées au rapport final et commentées par ce dernier.
Le rapport devra présenter de manière progressive :
Le prestataire formulera ensuite des conclusions générales permettant de porter une appréciation d’ensemble du projet. Ces conclusions devront être hiérarchisées par ordre d’importance et classées selon leur niveau de fiabilité.
Sur cette base, le prestataire identifiera des leçons apprises ainsi que des recommandations stratégiques et opérationnelles. Celles-ci devront être directement liées aux conclusions de l’évaluation, regroupées par thématique et hiérarchisées par ordre de priorité. Afin d’en garantir la pertinence et l’opérationnalité, elles seront co-construites avec le comité de pilotage.
Le prestataire devra également formuler des conclusions et recommandations spécifiques concernant l’intégration du genre dans les activités du projet.
Livrable 5 : Fiche synthèse format AFD
Le prestataire réalisera une fiche synthèse selon le format demandé par l’AFD. Le modèle correspondant sera transmis dans les documents de cadrage de la mission.
Livrable 6 : Fiches de capitalisation[1]
Le prestataire produira trois fiches de capitalisation, portant sur les modalités de mise en œuvre des activités suivantes :
Les livrables devront être transmis par email sous format Word aux destinataires qui seront indiqués au prestataire lors de la phase de démarrage. Ils devront être rédigés en français.
| Livrables | # pages max. | Date de livraison |
| 1. Note de cadrage | 15 | 7 jours après la réunion de cadrage |
| 2. Rapport intermédiaire | 30 | 16 octobre 2026 |
| 3. Rapport final provisoire | 60 | 24 novembre 2026 |
| 4. Rapport final définitif et synthèse selon le format demandé par EF (environ 5 pages) | 65 | 14 décembre 2026 |
| 5. Fiches de capitalisation | 3 | 14 décembre 2026 |
En complément, un support de présentation (type diaporama) devra être produit pour chaque réunion de pilotage.
Le rapport final provisoire ne devra pas dépasser 60 pages hors annexes (cf. plan proposé en annexe 1). Expertise France formulera ses remarques et observations dans un délai de trois semaines suivant sa réception. Le document pourra également être transmis à l’AFD, qui pourra formuler ses commentaires.
Le rapport final définitif, intégrant l’ensemble de ces observations, devra être transmis dans un délai de 15 jours suivant leur réception. Si certaines observations expriment des divergences d’appréciation non partagées par le prestataire, celles-ci pourront être annexées au rapport final et commentées par celui-ci.
L’évaluation est gérée par la chargée suivi-évaluation redevabilité apprentissage (SERA) du projet Qawafel, avec l’aide d’un comité de pilotage composé de la chargée SERA de Qawafel, le chef de projet, le point focal au sein du MEP, un.e représentant.e de l’AFD.
Les fonctions principales des membres du comité de pilotage de l’évaluation sont :
La mission se déroulera entre juillet 2026 et décembre 2026 telle que détaillée ci-dessous. Les dates sont pour l’instant données à titre indicatif et pourront être révisées :
| Activités | Lieu | Période |
| 1. Phase de cadrage | Tunis | 29 juin – 31 juillet |
| 2. Collecte de données | Tunisie | 3 août – 2 octobre |
| 3. Analyses et rapport intermédiaire | Tunis | 5 octobre – 23 octobre |
| 4. Co-construction des recommandations et restitutions finales | Tunis | 26 octobre – 31 décembre |
[1] Ajouter une partie questionnement pour la capitatlisation (ajouter le fait que j’en fais en interne et les lister pour qu’ils puissent intégrer dans leur collecte de données).
Contexte pays
La Tunisie a été durement frappée par la pandémie de Covid-19 et le pays a connu un coup de frein économique plus sévère que la plupart de ses pairs dans la région. Le PIB s’est contracté de 9,2 % en 2020. Le chômage s’est aggravé pour passer de 15 % avant la pandémie à 18,4 % à la fin du troisième trimestre 2021. Les femmes (24,1 % au troisième trimestre 2021) et les jeunes (15-24 ans) sont particulièrement touchés. Au troisième trimestre 2020, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur était de 30,1 %, (40,7 % chez les femmes). Aux effets de la pandémie, s’ajoutent les pressions inflationnistes actuelles alimentées par les tensions sur les cours mondiaux et renforcées par la guerre en Ukraine. La dégradation de la situation des entreprises publiques, fait également peser des risques importants sur les finances publiques. La dette publique est passée de 74,2 % du PIB en 2019 à 89,7 % en 2020 et à 90,2 % en 2021 selon le FMI. Elle ne comprend pas l’endettement des entreprises publiques, qui atteindrait en sus 40 % du PIB, dont plus de 15 % du PIB serait garanti par l’État.
Malgré une amélioration par rapport à 2019 (8,5 %), le déficit du compte courant s’établissait à 6,8 % du PIB en 2020 et le déficit budgétaire s’est quant à lui creusé pour atteindre 10 %, en raison notamment de l’impact sur les dépenses publiques du programme de riposte à la COVID-19 mais aussi à la suite d’une baisse des recettes imputable au ralentissement de l’activité économique et aux mesures de report d’impôts.
L’économie tunisienne a donc été significativement affectée par ces chocs exogènes. Mais forte de sa résilience et des stratégies mises en œuvre par le gouvernement, elle retrouve progressivement son dynamisme d’avant la pandémie. Avec une croissance économique de 1,6 % au quatrième trimestre 2021, 2,4 % au premier trimestre 2022 et 2,8 % au deuxième trimestre 2022, le pays a vu le chômage passer de 18,4 % au troisième trimestre 2021 à 15,3 % au deuxième trimestre 2022.
Au niveau politique, le pays sort d’une période d’incertitude et de tensions politiques qui ont mené à la suspension en juillet 2021 puis à la dissolution en mars 2022 du Parlement. Le pays a organisé le 25 juillet 2022 un référendum constitutionnel qui a débouché sur l’adoption et la promulgation d’une nouvelle constitution le 17 août 2022. Des élections législatives se sont tenues le 17 Décembre 2022 et un nouveau parlement a pris place le 13 mars 2023 pour entériner une nouvelle dynamique sociopolitique et consolider le dynamisme économique retrouvé grâce notamment à une amélioration du climat des affaires et des mesures d’accompagnement du secteur privé dans le renforcement de sa compétitivité, en particulier à l’international. En outre, les arrestations de journalistes et avocats contestataires du pouvoir en place ont eu pour effet d’instaurer un climat politique et institutionnel changeant et incertain pour celles et ceux opposés au régime politique actuel.
Contexte sectoriel et enjeux
L’ouverture de la Tunisie aux échanges internationaux et son intégration dans les chaînes de valeur mondiales (CVM) ont fortement progressé depuis le milieu des années 90, témoignant des avantages comparatifs du pays. Les exportations ont sensiblement augmenté, tirées par le secteur manufacturier, avec une transformation en faveur de secteurs plus intensifs en technologies et compétences.
Le commerce extérieur est ainsi le troisième moteur de l’économie derrière la consommation et l’investissement. Si elles ont baissé entre 2019 et 2020, passant de 46,1 % à 37,9 % ; en 2021 les exportations de biens et services sont reparties à la hausse et représentaient 45,7 % du PIB[1], avec l’Union européenne comme principal partenaire commercial de la Tunisie, représentant plus de la moitié de ses importations et exportations. Parmi les pays de l’UE, la France est le premier partenaire commercial avec 26 % des exportations tunisiennes et 14,2 % de ses importations. L’Italie, deuxième destination principale des exportations tunisiennes, est le premier fournisseur de biens et de services. Enfin, l’Allemagne, l’Espagne, la Chine et la Turquie figurent également parmi les principaux partenaires commerciaux du pays.
Sur une période de 36 mois (mai 2023 – avril 2026), étendu de 8 mois jusqu’à décembre 2026, le projet Qawafel vise à accompagner les entreprises tunisiennes dans leur expansion et à contribuer au renforcement des liens économiques et commerciaux entre 4 pays cibles : la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Mauritanie et le Kenya.
L’étude réalisée par le Conseil d’Analyse Économique (CAE) entre 2019 et 2020 avec l’appui du cabinet Deloitte Tunisie a permis d’identifier plusieurs pistes pour favoriser l’internationalisation des PME tunisiennes à l’échelle du continent africain.
o Le « branding » pays et la diplomatie économique ;
o L’accompagnement et l’appui à l’internationalisation ;
o Le financement et les incitations ;
o La logistique et les douanes.
o Les TIC ;
o L’agroalimentaire et les FMCG[2] ;
o L’éducation et l’enseignement supérieur ;
o La santé et l’industrie pharmaceutique ;
o Les BTP et services.
Après des entretiens en 2021 entre l’Agence AFD Tunis et des acteurs publics et privés de l’écosystème export, Expertise France a conduit 3 missions entre Mars et Août 2022. Ces missions ont permis de rencontrer différentes parties prenantes, de discuter des conclusions de l’étude et d’entamer le travail de réflexion sur la structuration d’un projet d’appui à l’internationalisation des entreprises tunisiennes à l’échelle du continent africain.
Comme mentionné plus haut, une des missions a coïncidé avec l’adoption, fin mars 2022 par le gouvernement, de mesures d’urgence économique dont un des axes vise à améliorer l’environnement des affaires et à renforcer le développement des PME, en particulier leur compétitivité à l’export.
Le projet d’appui à l’internationalisation des entreprises tunisiennes Qawafel, entend donner une suite opérationnelle à certaines des recommandations émanant de l’étude et contribuer aux actions du gouvernement en matière d’internationalisation vers les pays du continent des PME tunisiennes.
Le terme « Qawafel », nom historique utilisé pour définir l’exportation entre les pays africains, fait référence aux caravanes ou aux expéditions de commerçants qui parcouraient les vastes étendues du continent africain, reliant les différentes régions par des routes de commerce florissantes, et au fil des siècles, ces caravanes étaient devenues les piliers du commerce intercontinental, facilitant l’échange de marchandises, de connaissances et de cultures entre les peuples d’Afrique. Qawafel, symbolisant ainsi le parcours des startups et PME tunisiennes qui s’aventurent et s’étendent sur le continent africain, vient rendre hommage à cette tradition d’ouverture, de collaboration et de prospérité partagée qui a autrefois uni les nations africaines. Le nom est notamment repris en swahili.
Financé à hauteur de 3,8 M€ dans le cadre du Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC), instrument bilatéral français d’aide publique au commerce, Qawafel a pour objectif global de contribuer à la création d’emplois, au développement économique inclusif de la Tunisie et à son intégration aux marchés du continent africain en appuyant l’internationalisation de ses entreprises sur le continent. Le PRCC se concentre sur l’amélioration des compétences et des connaissances des acteurs économiques des pays partenaires, tels que les entreprises, les institutions publiques et les organisations de la société civile. Il vise également à renforcer les institutions liées au commerce, ainsi qu’à promouvoir des politiques commerciales inclusives et durables.
La déclinaison opérationnelle de Qawafel s’intègre dans les deux objectifs principaux du PRCC[3] et vise à atteindre l’objectif spécifique : « Augmentation du nombre d’entreprises tunisiennes s’étant implantées et/ou ayant développé leurs exportations dans les quatre pays prioritaires[4] » ; ainsi que les résultats suivants :
v Résultat 1 : Les structures d’accompagnement développent leurs offres de services, sont mieux structurées, plus performantes et pérennes, permettant ainsi une meilleure compétitivité des PME tunisiennes ;
v Résultat 2 : Une diplomatie économique active est initiée par la Tunisie et sa visibilité est renforcée dans les pays prioritaires ;
v Résultat 3 : Le cadre institutionnel est plus propice et certaines réglementations sont révisées et facilitent davantage l’internationalisation des startups et entreprises tunisiennes.
Le projet, basé sur une approche holistique, s’articule autour de trois composantes :
v Composante 1 : Accompagnement de l’internationalisation des entreprises tunisiennes sur le continent africain ;
v Composante 2 : Visibilité et diplomatie économique de la Tunisie sur les marchés prioritaires ;
v Composante 3 : Cadre réglementaire et institutionnel propice.
Pour ce faire, le projet Qawafel peut compter sur son partenaire d’implémentation, le Ministère de l’Economie et de la Planification, ainsi que sur le Ministère des Affaires étrangères.
Les activités permettant d’atteindre les résultats mentionnés plus haut sont les suivantes :
Composante 1
– A1.1. Appui financier et accompagnement technique de structures intermédiaires de l’écosystème de l’internationalisation qui ont vocation à accompagner le positionnement des entreprises et la promotion d’actions commerciales sur les marchés africains (subventions – appels à projets) ;
– A1.2. Mise en œuvre d’actions de renforcement de capacités, de mise à niveau, de valorisation au profit des startups et entreprises tunisiennes qui ont vocation à s’internationaliser sur les pays prioritaires (subventions – appel à candidature) ;
– A1.3. Mise en place d’un programme d’assistance technique au profit des structures d’appui dans le but de pérenniser leurs mécanismes d’accompagnement et offres de services.
Composante 2
– A2.1. Appui à l’opérationnalisation de la stratégie de diplomatie économique tunisienne vis-à-vis des quatre pays prioritaires identifiés ;
– A2.2. Appui à la montée en compétences des conseillers de diplomatie économique ;
– A2.3. Appui au renforcement de la présence de la Tunisie aux évènements majeurs en Afrique ;
– A2.4. Appui à l’organisation d’un salon inversé en collaboration avec le CEPEX (ABPD juin 2025).
Composante 3
Le présent projet vise, sur une période de 36 mois, à soutenir le renforcement, la structuration et la valorisation de l’écosystème tunisien de l’internationalisation, contribuant à la visibilité de la Tunisie et l’émergence d’initiatives innovantes tunisiennes sur les marchés prioritaires sur le continent.
D’après le rapport sur le commerce mondial de 2016[5] de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’internationalisation est définie comme la stratégie choisie par les PME qui développent leurs activités à l’étranger, prenant ainsi différentes formes : 1) l’exportation directe ; 2) l’exportation indirecte (ventes de biens par l’intermédiaire d’une entreprise nationale qui exporte) ; 3) la relation contractuelle sans participation au capital ; et 4) l’investissement étranger direct (IED) et d’autres formes de participation au capital.
L’internationalisation d’une PME ne se concentre donc pas seulement à son activité de commerce international mais prend en compte aussi son activité d’investissement dans le pays ou marché ciblé. De ce fait, l’internationalisation des entreprises englobe ainsi un grand nombre de parties prenantes, publiques, privées et organismes à but non lucratif.
Dans la mesure du possible, ce projet a pour objectif de soutenir toute démarche d’internationalisation de startups et d’entreprises tunisiennes, et ce à toutes les étapes du parcours, de la prise de conscience de l’importance de s’internationaliser, à l’apprentissage, la planification, la validation du retour sur investissement, et finalement au suivi post transaction, commerciale ou investissement.
L’expression d’« écosystème de l’internationalisation » est ici utilisée pour désigner l’ensemble des acteurs qui interagissent en faveur de l’internationalisation des entreprises, incluant :
Les bénéficiaires finaux du projet sont donc l’ensemble des entreprises tunisiennes, startups inclues, qui ont vocation à s‘internationaliser, ou qui veulent renforcer leur stratégie d’internationalisation, particulièrement sur le continent africain.
D’un point de vue géographique, le projet se focalise sur les résultats en Tunisie, étant donné que les bénéficiaires finaux et directs se trouvent en Tunisie.
[1] Banque Mondiale Tunisie, données pays
[2] Fast-Moving Consumer Goods sont les biens de consommation courante à rotation rapide : achetés fréquemment, rapidement consommés et remplacés régulièrement tels que les aliments, produits d’hygiène personnelle, produits ménagers, produits pharmaceutiques en vente libre, etc.
[3] Le PRCC se structure autour de deux objectifs : 1/ Développer des politiques commerciales et faciliter l’intégration régionale économique des pays en développement, et 2/ Développer une offre compétitive des pays en développement sur les marchés régionaux et internationaux. (Le Programme de renforcement des capacités commerciales | AFD – Agence Française de Développement)
[4] Les quatre pays prioritaires ont été définis, durant la phase de démarrage et selon un classement basé sur plusieurs critères jugés importants pour la réussite du projet : le Sénégal, la Mauritanie, la République démocratique du Congo et le Kenya.
[5] Rapport sur le commerce mondial 2016 : Égaliser les conditions du commerce pour les PME (wto.org)
1) Nombre d’expert.e.s : Un.e ou plusieurs (cabinet d’expertise).
2) Profil de l’expert.e ou des expert.e.s désigné.e.s en charge de l’exécution de la présente mission
Qualifications et expérience
Compétences métier :
Compétences administratives :
Compétences linguistiques :
Maîtrise de l’arabe (dialecte tunisien).
Les offres devront inclure :
Elles seront évaluées selon les éléments suivants :
Lien pour postuler https://expertise-france.gestmax.fr/15376/1/evaluation-finale-et-capitalisation-d-un-projet-d-appui-a-l-internationalisation-des-entreprises-h/fr_FR
Date limite de réception des offres : 29/05/2026
Les offres devront inclure :
Appel à consultants منشور على "جمعيتي" في 4 mai 2026
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